C'est le matin à Punta Del Diablo. Le soleil se lève, moi je dors. Vers 10h30, j'ouvre les yeux. Si j'attends jusqu'à 11h, je manque le déjeuner. Je suis maintenant assis dans mon lit, Popo est rendu à côté de la porte. Il me regarde. Je me lève, je mets mes shorts, mes lunettes et j'ouvre la porte. Dehors c'est le soleil.
Je sors de ma petite cabane et j'entre à l'hostel. Devant moi, un grand salon, la réception sur le mur du fond, un corridor qui mène aux dortoirs, la salle de bain avec les douches puis l'escalier pour monter en haut. Le déjeuner est servi sur la mezzanine. Je monte.
LE DÉJEUNER
Il y a un panier avec une miche de pain coupée en tranche. Je prends 3 grandes tranches. À côté, il y a un pot avec du beurre, un autre avec de la marmelade au fruit et un autre avec du dulce de leche. Le dulce de leche est comme un caramel fait à base de lait. C'est très sucré, plus blanc que le caramel et assez consistant pour pouvoir en mettre épais. J'en mets sur les trois tranches.
Juste à côté, un gros thermos de café chaud. Je prends une tasse et la rempli de café. Je prend une petite cuillère juste à côté et je mets 4 sucres dans mon café. À côté, un thermos de lait froid. J'en verse dans mon café. La tasse est pleine.
À côté du thermos de lait, il y a le thermos de jus d'orange. Je m'en verse une pleine tasse, je bois la tasse et m'en verse une deuxième. Ce verre de jus fait du bien. Il est froid et frais. Je pose cette deuxième tasse à côté de ma tasse de café dans le milieu de mon assiette. J'avais placé mes trois pains sur les côtés. Il me reste un espace pour les fruit. Le plateau de fruit contient des bananes coupées en deux, des pommes et des oranges coupées en quatre. Je prend deux demies bananes et un morceau d'orange.
SUR LA TERRASSE
Je reste à l'étage et je sors sur la terrasse à côté de la cuisinette. Il y a une grande table à l'ombre et une petite table au soleil. Je dépose mon assiette sur la petite table et prends le banc face au soleil. À ce moment je peux respirer. L'heure du déjeuner est passée mais j'ai tout ce que j'ai besoin dans mon assiette. Je mange lentement en terminant par la banane et le café. Je garde une bouchée de banane que je donne à Popo qui prend du soleil juste en bas. Il aime bien les bananes.
Je termine de manger, je lave mon assiette et mes tasses, je les place pour sécher et je descend fumer une cigarette avec Popo. Il y a des gens qui se lèvent de leur nuit, d'autres qui se lèvent de leur sieste. Certains reviennent de leur cours de surf du matin, d'autres enfilent leur wetsuit pour le cours de l'après le diner. Le prof de surf passe les chercher et quittent pour la plage.
LES VOYAGEURS
Deux personnes arrivent avec chacun un gros sac-à-dos. Ils viennent de débarquer de l'autobus au centre de Punta Del Diablo. Ils arrivent de Montevideo ou de Cabo Pologno, de Valisas ou d'une autre plage. Certains arrivent du Brésil. Punta Del Diablo est le premier village après la frontière brésilienne. Certains viennent passer l'été, d'autres font le tour de l'Amérique du Sud et resteront deux ou trois nuits, le temps de raconter leurs histoires, d'en écouter d'autres et de planifier la suite. Trois ou quatre voyagent sur le pouce, la majorité en autobus. J'ai entendu l'histoire du gars qui a traversé l'Amérique du Sud de haut en bas en huit jours sur le pouce. Il avoue lui-même avoir été très chanceux. Il doit le mériter.
Ici on entend beaucoup d'anglais. Il n'y a que très peu d'américains mais l'anglais est habituellement la langue commune. Pour parler avec les allemands il faut parler anglais. Pour parler avec les italiens, c'est aussi l'anglais. Avec les suédois, c'est l'anglais et je me suis même retrouvé à parler anglais avec un Français.
LES AMIS
Je suis ici depuis un peu plus d'une semaine et j'ai vu beaucoup de gens arriver et partir. J'ai eu le temps de créer de bons contacts avec certaine personnes. Il y a Catherine qui m'attends à Berlin et Gonzalo à Buenos Aires. Deux belles opportunités. Je compare l'expérience avec un après-midi sur une terrasse sur St-Denis. On prend une table, on commande des verres et on boit tranquillement en regardant le monde passer. On fait pas grand chose mais il y a toujours quelque chose qui se passe.
Ici, au lieu de passer l'après-midi, on y passe une semaine, ou deux... ou trois et on regarde le monde passer. J'ai le temps d'entendre les histoires et de me les imaginer. J'étais content de pouvoir partager mon expérience de l'Ecuador avec un gars qui s'en allait par là bas. Plein de belles énergies et de bien belles soirées.
LA PROMENADE
C'est le début de l'après-midi. Le soleil est bien haut et bien chaud. Il y a aussi le vent. C'est le vent du large. Il est fort et il est froid. Je marche deux coins de rues et j'arrive à la plage. Popo est très content. Il aime beaucoup la plage. Il descend dans le sable le premier et se lance à la recherche d'un morceau de bois que je pourrais lui lancer. Il n'en trouve pas.
Le sable est blanc. À marée basse, la plage est très large. Avec un gros soleil, le sable est très chaud, il faut marcher rapidement jusqu'au sable mouillé si on a pas nos souliers. Je mets mes souliers pour aller à la plage. L'eau est très froide, je ne me baigne pas. Oui, je me suis trempé les pieds mais pas plus. Les souliers deviennent pratique lorsqu'on arrive aux roches. À certains endroits, de grosses roches rondes séparent la plage en deux. Ces roches ont été sculptées par l'eau et sont composées de petits coquillages collés les uns sur les autres. Il est donc très difficile d'y marcher nu pied. Vive les souliers.
LE RETOUR
Popo trouve finalement une branche de bois qu'il m'apporte. Je lui lance son bâton, Popo est heureux. On revient tranquillement vers l'hostal. On repasse devant les bateaux, on saute sur les roches, on traverse la plage des surfers, on arrive au kiosque abandonné, on prend le petit chemin de bois qui nous amène aux escaliers, on descend la rue, on tourne à gauche, on fait un coin, on tourne à droite et nous voilà rendu à la maison. L'heure de la sieste a sonnée, allons tous nous coucher! Je prends un hamac et me repose de ma promenade.
LA NOURRITURE
Même si le déjeuner est pas trop loin, ce soir, j'aurai faim. Il me reste du fromage et du jambon. Je dois acheter des oeufs et un oignon. Peut-être un lait au chocolat pour passer l'après-midi et un jus de fruit pour la santé. Le petit épicier sur le coin vient de fermer. Leur permis de viande était passé date et quelqu'un a envoyé un inspecteur.
J'avais déjà formé un lien avec la dame au comptoir. Elle était devenu mon kiosque d'information touristique, mon bureau de change pour changer mon argent et bien entendu, ma gérante d'épicerie. C'était bien pratique et c'était juste au coin. Mais je n'aurais pas acheté leur viande. C'était du congelé et il n'y avait pas de date sur les saucisse. Mais le comptoir de charcuterie était bien correct. J'y achetais mon bacon, mon jambon, mon fromage et mon pain. Mais bon, le vrai supermarché a beau être beaucoup plus loin, c'est pas comme si j'avais l'après-midi pleine de rendez-vous.
VERS LE SUPERMERCADO
Je pars donc avec Popo. Au coin, je tourne à gauche, vers la plage. Popo retrouve son sable. Il se lance en bas de la dune vers le sable mouillé. Il s'arrête, me regarde et attend mon signal. Je lui fais un signe de la main et il part en courant, traçant de grands cercles. C'est bien, c'est même très bien. J'aime beaucoup la plage.
Nous marchons vers le centre de Punta Del Diablo. Rien n'est très loin. Tout est au plus à cinq coins de rue. Toujours sur la plage, nous devons traverser les grosses roches rondes. Popo fait de grands sauts pour passer de roche en roche. Il n'en a pas manqué une. Moi non-plus.
De l'autre côté des roches, il y a les bateaux. Ces bateaux partent le matin et reviennent avec le poisson. Il y a deux poissonneries juste en face de la plage des pêcheurs. En regardant le ciel, il est facile de savoir si les bateaux sont arrivés. Si la pêche a été bonne, le ciel est rempli d'oiseaux. On dirait des mouettes ou des goélands.
LOS PESCADORES
Après les roches, c'est la plage des pescadores (les pêcheurs) qu'on reconnait facilement à cause des bateaux qui sont montés sur le sable. Un peu plus loin il y a l'allée des marchands. De petits kiosques en bois, quatre rangées de quatre. J'y ai vu des bracelets, des colliers et d'autres bracelets. Je crois qu'il y a aussi à manger mais en basse saison, peu de kiosques sont loués. On passe tout droit et on prend la rue.
Les poissonneries étant derrière nous, nous arrivons dans le coin des restaurants. Downtown Punta Del Diablo. C'est pas bien grand. Je pense qu'il y a plus d'action à Mont-Rolland. Ça monte un peu et ça tourne. À gauche, une crèmerie. À droite, un bar en train d'être rénové. On dit de ce bar qu'il appartient à des étrangers qui ne savent pas s'en occuper. Je ne pourrai pas t'en dire plus, je t'en reparle si je décide d'y aller.
LES CHIENS
Après le bar, une caravane avec un chien attaché. Chaque fois que je passe avec Popo, ce pauvre petit chien s'élance en jappant comme si sa chaîne n'avait pas de fin. Par chance pour Popo, la chaîne n'est pas trop longue. Les seuls chiens qui nous jappent après sont les chiens attachés. La majorité des chiens sont errants, mais les chiens attachés sont tellement jaloux qu'ils virent fou. Pauvre pauvre pauvre Popo.
LA PAUSE
Nous voilà rendu à l'épicerie et comme j'avais pressenti la grosse porte était fermée. L'épicerie ferme en après-midi et ouvre ses portes autour de 16h30. Je me trouve un coin à l'ombre et j'arrête le temps pour 30 minutes. Je suis pas seul. Autour de moi, une dizaine de personnes attendent à droite ou à gauche. Certains attendent pour l'épicerie, d'autres attendent tout simplement.
Pendant que j'attends, un autobus arrête devant l'arrêt d'autobus et 4 personnes en débarquent. Trois filles et un gars. ils ramassent chacun gros sac à dos du côté de l'autobus, parlent en peu entre eux et se dirigent tranquillement vers la rue qui mène à la plage. Ils disparaitront l'autre bord du tournant.
L'ÉPICERIE
Popo se promène à gauche et à droite. Il va sentir les autres chiens et contourne les passant. Les portes de l'épicerie ouvrent, il est quatre heures et demie. J'entre, Popo m'attend devant.
Il y a le comptoir de viande au fond à gauche, au fond à droite c'est le comptoir de fromage, de charcuterie et de pain. Tout ça donne faim. J'achète ce que j'ai besoin et retourne à l'hostel.
LA TERRASSE
De la terrasse, on entend les vagues. C'est la journée avant la pluie. Cinq chevaux arrivent. Cinq personnes descendent des chevaux. Ils sourient. La promenade semble avoir été agréable. Les chevaux en profitent pour faire le gazon. Un chat traverse la rue.
Il y a de la brume ce soir mais moins que hier. C'était joli hier, avec la brume. Je suis assis sur la terrasse de l'hostel, là où il y a la cuisinette. Aujourd'hui ce sera des pâtes. Je fais la sauce avec les restant des fruits de mer d'hier. Nous avons bien mangé hier.
LA SIESTE
Ici, la nuit tombe à 9h30. Ça fait du bien. À Buenos Aires, la nuit ne tombe qu'aux petites heures du matin. Par chance, il y a la sieste. Et la sieste ici, elle est bonne. Avec la porte ouverte qui fait rentrer le vent frais, ou dans le hamac, si le hamac était moins loin.
LA SOIRÉE
Il fait frais. Il est 20h. Je tente de faire bouillir l'eau pour les pâtes. L'eau boue, on ajoute des tomates dans la sauce. J'ai faim. Je mange. C'est très bon. Il est minuit. Le temps passe très vite tellement tout va lentement. Je vais rester prendre une bière sur la terrasse et écouter les histoires de ce soir. À chaque soir, son histoire.
C'est à ça que ressemblent mes journées. Un jour, je découvre une nouvelle plage. Un autre, je fais mon ménage. Hier j'ai travaillé. Il me reste un peu moins qu'une semaine avant de m'en aller. Je m'imagine facilement en train de rester ici. Mais bon, un jour à la fois. Pour cette fois-ci, je vais me contenter d'une bonne nuit car demain sera une autre belle journée. Alors, bonne nuit Grand-Maman.
