J'avais laissé mon sac au dépanneur du coin un peu plus tôt pour pouvoir chercher un hostal sans tout traîner. En partant pour le chercher, le propriétaire m'interpelle et m'offre une autre solution. Un des dortoir est laissé à l'abandon et sert de cabanon pour ranger les vieux matelas, les ventilateurs brisés et les serviettes souillées. Cette pièce avait été retirée du système mais que si la propreté des lieux ne me dérangeait pas, je pouvais l'occuper avec Popo. Il me chargerait le même prix normal d'un lit de dortoir. Après avoir rapidement tenté de trouver l'anguille sous la roche, j'accepta volontiers son offre en espérant qu'il ne change pas d'idée.
Il voyait un local sal, en désordre, avec des matelas déchirés, un plancher taché et une famille de grenouille comme colocs. M'avertissant qu'il devait me charger le prix normal d'un dortoir même dans ces conditions, je pu lui dire que je comprenais et que j'acceptais. La clé en main, rendu dans ma chambre, j'avais un grand sourire en coin. Voilà comment je voyais la situation. Parce que j'avais un chien, il m'offrait une chambre privée dans une petite maisonnette avec une jolie fenêtre. Je pouvais l'aménager comme je voulais, y installer Popo sans problèmes et ne payer que le prix du lit le moins cher. Encore une fois, mon étoile brillait pour moi.
J'ai empilé les 4 matelas les plus vieux sur un des deux lits du haut. J'ai passé un bon coup de balai sur le plancher, remplis un petit sac à poubelle et nettoyé la petite table. J'ai sorti une des deux chaises à l'extérieur à côté de ma porte. J'ai pris les vitres entreposées dans le coin et les ai installées sur les bases de lit en haut et en bas. J'avais donc de belles surfaces de verre un peu partout pour y déposer mes choses. Le matelas le moins vieux était quand même très humide. Il y avait de grandes boîtes de carton pliées posées sur le mur. Je les coucha donc sur le lit avant d'y mettre les draps. Ça me faisait un lit un peu cartonné mais ça coupait toute l'humidité. Comme on dit ici: "Génial!".
Je suis allé acheter des bâtons d'encens au petit magasin et je les ai fait brûler avec la porte ouverte pour rafraîchir la pièce. Après m'être bien installé, j'ai réalisé que je devais rester discret pour ne pas leur faire réaliser que je me retrouvais avec la plus belle chambre privée et que je ne payais presque rien. Merci Popo. Sans toi, je me serait retrouvé dans une chambre partagée avec quatre autres personne que je ne connaissais pas et ce, pour le même prix. Basta!